Nous avons parlé la dernière fois les règles d’ échappement de chaînes avec PostgreSQL, et mentionné qu’utiliser ces techniques afin de protéger les données insérées dans les requêtes SQL n’était pas une bonne idée dans la mesure où PostgreSQL offre une fonctionnalité bien plus adaptée.

Nous faisons face ici à un problème de sécurité très bien décrit dans le billet humoristique de Little Boby Tables, dont je vous recommande la lecture. L’idée est simple, la mise en place de contre mesure fourmille de pièges subtils, à moins d’utiliser la solution décrite ci-après.

http://imgs.xkcd.com/comics/exploits_of_a_mom.png

Lorsque l’on envoie une requête SQL à PostgreSQL, celle-ci contient pêle-mêle un mélange de mots-clés SQL et de données utilisateurs. Dans la requête sqlSELECT colname FROM table WHERE pk = 1234; l’élément 1234 est une donnée fournie à PostgreSQL. Lorsque l’on utilise d’autre types de données, on va parler de litéral, qui peut être ou non décoré. Un exemple ?

=# SELECT 'undecorated literal', pg_typeof('undecoreted literal'),
          date 'today', pg_typeof(date 'today');
      ?column?       | pg_typeof |    date    | pg_typeof 
---------------------+-----------+------------+-----------
 undecorated literal | unknown   | 2011-09-07 | date
(1 row)

Outre l’aspect types de données (un litéral non décoré est de type unknown jusqu’à ce qu’une opération force son type, c’est ce qui permet d’avoir du polymorphisme dans PostgreSQL), nous voyons ici que PostgreSQL doit faire la différence entre le SQL lui-même et les paramètres qui le composent. Il sait bien sûr faire cela, il suffit d’encadrer les valeurs dans des simples guillemets ou bien d’utiliser la notation dite de dollar quoting. Mais si l’on ne prend pas de précautions, l’utilisateur peut terminer la séquence d’échappements depuis le champ de saisie du formulaire…

libpq est la librairie standard cliente de PostgreSQL et fourni des API de connexion et propose une fonction PGexecParams. Cette fonction expose un mécanisme disponible dans le protocole de communication de PostgreSQL lui-même : il est possible de faire parvenir le SQL et les données qu’il contient dans deux parties différentes du messages plutôt que de les mélanger. Ainsi, le serveur n’a plus du tout à deviner où commencent et où terminent les données dans la requête, il lui suffit de regarder dans le tableau séparé contenant les données quand il en a besoin.

Terminées les injections SQL !

Note : cette fonction est exposée dans la plupart des pilotes de connexion, et même en PHP, dont la popularité et l’exposition me poussent à donner une référence plus précise : utilisez pg_query_params, son intérêt n’est pas simplement syntaxique, il va jusque dans la définition des échanges de données entre le client (votre code PHP) et le serveur (PostgreSQL).